[Le Monde] Martine Aubry peut-elle encore se présenter à la primaire ? La question existe au PS et intéresse particulièrement son aile gauche, qui a fait le choix de soutenir la première secrétaire du Parti socialiste. Malgré les démentis spectaculairesapportés par la maire de Lille à une information du Nouvel Obs annonçant son renoncement, la tension monte. Et la gauche du PS s’interroge : si Martine Aubry n’y va pas, que faire ?
L’enjeu est important pour le courant de Benoît Hamon et Henri Emmanuelli, Un monde d’avance, qui avait recueilli 18,5 % au congrès de Reims, et qui ne voit la candidature de M. Strauss-Kahn qu’avec un enthousiasme modéré. Depuis la semaine dernière, certains évoquent une candidature du porte-parole du parti, Benoît Hamon.
Pour Henri Emmanuelli, co-animateur du courant Un Monde d’avance, il y a clairement un "agacement" face à l’attente entretenue par Martine Aubry. Si la première secrétaire ne se présente pas, une candidature Hamon est une option, ajoute le député des Landes, qui ne cache pas que l’autre stratégie consiste à négocier des points de programme avec DSK ou Hollande. Ce dernier ne semble pas pour l’instant jugé plus compatible politiquement que le patron du FMI, qui vient de rencontrer Benoit Hamon, mais aussi Henri Emmanuelli.
A l’occasion de l’examen du projet de loi constitutionnelle relatif à l’équilibre des finances publiques, la commission des finances a du interrompre ce matin ses travaux, 10 minutes seulement après le début de sa réunion, à la demande du rapporteur général car, la majorité était minoritaire en séance.
C’est dire toute l’importance que les députés UMP accordent à ce texte de circonstance qui n’est produit que pour masquer l’échec de l’actuel gouvernement à gérer sainement les finances publiques de notre pays.
Entretien du Nouvel Observateur. C’est dans son bureau de l’Assemblée nationale qu’Henri Emmanuelli, député PS des Landes (3e circonscription), a reçu Nouvelobs.com pour un tour d’horizon de l’actualité politique. A l’approche des élections cantonales et à moins d’un an et demi de la présidentielle, il explique la montée du Front national dans les sondages par "la stratégie" de la peur de Nicolas Sarkozy, appelle son parti à retrouver ses valeurs s’il veut renouer le lien avec l’électorat populaire et plaide pour la candidature de Martine Aubry à la primaire socialiste. Son leitmotiv : le rassemblement de la gauche, condition sine qua non, selon lui, à la reconquête du pouvoir exécutif. S’il a failli quitter le PS au moment du référendum constitutionnel européen en 2005, celui qui a dirigé le parti entre novembre 1994 et octobre 1995 est aujourd’hui convaincu d’être "plus utile à l’intérieur qu’à l’extérieur."