Dans une interview accordée à Sud-Ouest, Henri Emmanuelli s’en prend à « l’exhibitionnisme sécuritaire » du président. Et il évoque les propositions du PS sur la sécurité et l’économie...
LIBERATION. L’avenir des retraites se décide cette année. Salariés du privé, fonctionnaires, agents des services publics, professions libérales, c’est l’ensemble des systèmes par répartition qui sont aujourd’hui sur la sellette. Et ce sont donc toutes les tranches d’âge qui sont concernées, retraités d’aujourd’hui et cotisants de demain. Le gouvernement a promis un texte pour avant l’été, les partis politiques s’opposent et les syndicats se mobilisent. Peut-on maintenir l’âge légal de la retraite à 60 ans ? Faut-il accroître la durée de cotisation, qui doit supporter ces nouvelles charges ? Bien plus qu’un équilibre économique à trouver, chacun sent que nous allons décider de quelle société nous voulons pour demain.
Nous avons demandé à Henri Emmanuelli, député socialiste, ancien ministre, et à Jean Peyrelevade, économiste proche du Modem, de débattre de ces questions. Et pour approfondir les points de vue, nous avons adjoint Matthias Fekl, vice-président du conseil régional d’Aquitaine, et Michel Husson, membre du conseil scientifique d’Attac.
Introduction au colloque "Convergences pour dépasser le libre-échange" organisé par Un monde d’avance le 10 avril 2010 par Henri Emmanuelli sur le thème des clauses de sauvegarde (programme et renseignements).
Sous prétexte de déplorer l’abstention, beaucoup de bonnes fées se penchent soudainement sur le sort de la démocratie.
Je ne parle évidemment pas des responsables de L’UMP pour lesquels l’abstention est devenu le seul argument qui puisse les dispenser de toute forme d’autocritique. Non.
Au cours des trente dernières années, il n’était de bon ton ni de dénoncer l’affaissement industriel de la France, ni de s’inquiéter du dumping social et fiscal qui érodait inexorablement notre appareil de production. Il était tout aussi inconvenant de souhaiter une assiette des cotisations sociales qui lui soit plus favorable (la valeur ajoutée plutôt que la masse salariale). Quant à regretter certaines privatisations au motif qu’elles allaient être synonymes d’évaporation c’était un comble de « ringardisme »… La mode, et donc abusivement la modernité, était toute entière consacrée aux services, à la société post-industrielle que l’on finira par sublimer, à l’occasion de la définition de la stratégie de Lisbonne, dans le concept vaste et vide « d’économie de l’intelligence » (les grandes innovations industrielles étant sans doute à classer dans l’économie de la bêtise !