PARIS, 27 jan 2015 (AFP) – Le député Henri Emmanuelli, l’une des figures de l’aile gauche du PS, a jugé mardi que la « coloration social-libérale » du projet de loi Macron n’était pas « de nature à rassembler la gauche » et évoqué « très peu » de points positifs.

Dans ce projet de loi « pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques », dont l’examen a commencé lundi, il y a « une coloration idéologique sur le travail du dimanche qui me paraît malvenue, inconvenante », a notamment jugé cet ancien président de l’Assemblée nationale et ex-ministre. Il s’est aussi montré sévère sur un autre volet du texte, « l’assouplissement des conditions de licenciement ».

En outre, « les grandes réformes de structure progressistes n’y sont pas: la réforme fiscale, la retenue à la source, sont aux abonnés absents. Le changement d’assiette pour les cotisations sociales (…) n’y est pas non plus », a déclaré cet élu des Landes à l’AFP.

« Il y a des choses que je trouve intéressantes mais très peu: par exemple pour les entreprises en difficulté, les créanciers auront la possibilité de prendre la gouvernance », a ajouté celui qui préside le Commission de surveillance de la Caisse des Dépôts et Consignations.

Globalement, « la coloration politique social-libérale de la loi Macron n’est pas de nature à rassembler la gauche » et le texte n’est « pas votable en l’état », pour ce député qui s’est abstenu sur la confiance au gouvernement Valls et sur plusieurs textes budgétaires.

Quant au ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, qui a travaillé dans le passé – comme M. Emmanuelli – à la banque Rothschild, « il est convaincu de ce qu’il fait mais je suis convaincu qu’il a une vision de la gauche un peu inversée », a dit le député socialiste.

M. Emmanuelli a aussi regretté « un débat encadré » avec « très peu de possibilités d’intervenir, de s’expliquer » et un examen « à marche forcée ». « J’ai rarement vu mener des débats au galop de cette manière », note ce parlementaire élu pour la première fois en 1978.