Lemonde.fr, 19 janvier 2012
Dirigeant de l’aile gauche du PS, Henri Emmanuelli, député et président du conseil général des Landes, a demandé à François Hollande, mardi 17 janvier, "une clarification" après les propos du député PS Jérôme Cahuzac sur l’ouverture de 60 000 postes dans l’éducation.
Pourquoi être publiquement intervenu pour recadrer un membre de l’équipe de M. Hollande ?
Nous avons été surpris que certains puissent affirmer que les 60 000 postes que nous créerons dans l’éducation nationale le seront par redéploiement du secondaire vers le primaire. Je connais la situation sur le terrain et je ne crois pas que cela corresponde à la réalité et aux besoins.
Communiqué de presse de Benoît Hamon (porte parole du Parti Socialiste), Henri Emmanuelli (député des Landes), Marie-Noëlle Lienemann (sénatrice de Paris).
Nous sommes surpris de l’interprétation faite hier par Jérôme Cahuzac, président de la commission des Finances de l’Assemblée Nationale, de la proposition ambitieuse de François Hollande de créer 60 000 postes d’enseignants dans l’Education nationale.
Après 5 ans de suppressions de postes, en application du non remplacement dogmatique d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, les services publics, en particulier l’école, se retrouvent en première ligne. En période de crise économique et sociale, leur rôle pour assurer l’égalité entre les citoyens et l’émancipation de chaque jeune est indispensable.
Si les 60 000 créations de postes annoncées par François Hollande ne devaient l’être que par redéploiement, cela reviendrait à réduire le service public de la santé ou de l’emploi pour consolider les moyens de l’Education Nationale. Cela n’aurait aucun sens.
Un poste de professeur en plus ne peut être payé par un poste d’infirmière en moins. La crise appelle la responsabilité et la crédibilité. Celles-ci se mesurent aussi à la volonté politique que l’on consacre à protéger les Français et à leur garantir l’égalité devant les services publics .
TRIBUNE avec Benoît Hamon, porte-parole du PS, et Liêm Hoang-Ngoc député européen, parue dans libération.
A la veille du sommet social, trois figures du PS dénoncent l’instauration d’un impôt indirect et proportionnel, « défendu par les conservateurs et les libéraux ». Et y opposent le retour à un « impôt direct et progressif sur le revenu ».
La droite a décidé de refaire de la « TVA antisociale » l’un de ses chevaux de bataille pour l’élection présidentielle. Ses promoteurs la parent de toutes les vertus. La hausse de la TVA permettrait de réduire le coût du travail en abaissant, en contrepartie, les cotisations patronales (les cotisations maladie et famille lesquelles, au-dessus de 1,6 Smic, n’ont pas encore fait l’objet d’exonérations). Les entreprises exportatrices gagneraient en compétitivité, disent-ils, comme en Allemagne (qui a expérimenté la combinaison hausse de la TVA - baisse du coût du travail), puisqu’elles pourraient dès lors baisser leurs prix. Sur le territoire national, la hausse de la TVA agirait en outre comme une barrière douanière déguisée et antidélocalisation à l’encontre des importations en provenance des pays à bas coûts. Enfin, les ménages verraient leur pouvoir d’achat s’améliorer, dès lors que l’augmentation de la TVA permet de réduire les cotisations salariales. Ces arguments « économiques » sont réfutables un par un et masquent le véritable débat, éminemment politique : qui doit financer les dépenses sociales à caractère universel ?
Les propos qu’a tenu Monsieur Bernard Accoyer lors de ses voeux sont stupéfiants.
Dire qu’une alternance à gauche aurait des « conséquences économiques et sociales comparables à celles d’une guerre » donne une idée précise de la vision qu’a, de l’opposition, Monsieur Accoyer.
Cette vision aussi primaire que grotesque explique a posteriori la médiocrité partisane de sa présidence.
Devant de telles outrances, on se prend à rêver que la bêtise puisse devenir une base d’imposition : nous n’aurions plus, alors, de problème de dette et serions sûrs de garder notre Triple A.
Si Nicolas Sarkozy veut aller jusqu’au bout de son idée, en l’occurrence mettre en place la Taxe Tobin, il ne devrait pas hésiter à passer un petit coup de fil à… Henri Emmanuelli.
Le député et président du Conseil général des Landes se fera, en effet, un grand plaisir de lui apprendre -ou de lui rappeler…- que la France a déjà en magasin cette fameuse Taxe Tobin. Et ce depuis 2001.
En effet, alors que le chef de l’Etat a indiqué vouloir « mettre en oeuvre » cette taxe sur les transactions financières, Henri Emmanuelli rappelle qu’il y a onze ans déjà, le lundi 19 novembre 2001 exactement, l’Assemblée nationale a adopté le principe d’une taxe Tobin, d’un montant maximal de 0,1%, sur les transactions financières spéculatives internationales. Cette mesure a même été introduite dans la loi de finances pour 2002 à l’initiative de la commission des finances de l’Assemblée nationale qu’il présidait alors.