Plutôt que de pavoiser sur les résultats d’un sondage qui confirme la légitimité et de l’importance politique que les français accordent à l’aide publique au développement, le gouvernement devrait se pencher sur la réalité fort différente que décrit le Conseil d’Analyse Economique.
Bien que placé sous l’autorité du Premier Ministre, celui-ci critique sans ambiguïté le montant des aides et leurs affections.
La France occupe en effet la 7ème position en tant que donneur (loin de l’objectif de 0.7% du PNB fixé par les Nations unies) et la 32ème position en tant que donneur bilatéral avec seulement 7% de l’APD consacrée à l’aide directe, contre 31% consacré à l’annulation de dette.
Aux frontières du sud de l’Europe, le drame se noue : la vague désespérée de la misère vient buter sur les barbelés de l’indifférence et de l’inconséquence française et européenne.
Comme l’a dit le Chef de l’Etat, la seule vraie bonne solution serait un effort urgent et important de développement des pays d’origine. Mais il y a malheureusement fort à parier que la lucidité du diagnostic ne se concrétise pas, une fois de plus, dans les moyens mis en œuvre.