Aux problèmes dangereux que génèrent les contraintes de la mondialisation et les conséquences de la pression migratoire, la France superpose une crise politique sérieuse. Une crise qui alourdit l’atmosphère au point de la rendre délétère. Une blessure profonde qui nourrit le désarroi, palpable, de nos concitoyens.
Le mépris du principe de responsabilité politique, sans lequel toute démocratie représentative perd sa véritable légitimité, en est la cause principale. Bafouer ce principe, refuser que tout vote ait des conséquences réelles et visibles, c’est bafouer le peuple, seul véritable détenteur légitime du pouvoir. C’est manquer du respect le plus élémentaire envers les individus qui en sont les dépositaires, justifier le sentiment si largement répandu dans notre pays, désormais, que l’avis des citoyennes et des citoyens n’est plus pris en compte, que non seulement leurs votes sont inutiles mais qu’en plus on se moque d’eux. Ignorer ce fondement, c’est alimenter le « rejet du système » qui concerne aujourd’hui, entre le vote protestataire et l’abstention, plus de la moitié du corps électoral. C’est nourrir la tentation des extrêmes, ouvrir toutes grandes les portes de la démagogie et d’un aventurisme dont nul ne sait s’il s’achèvera dans le drame ou le ridicule.
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